Jeu Ni Oui Ni Non : Maîtriser l’Art de Répondre Sans Se Piéger
par Raphaël Delahaye·28 lectures·Durée de lecture : environ 10 minutes
Une seule règle, une infinité de pièges : ne jamais dire « oui » ni « non ». Le Ni Oui Ni Non est l’un des jeux de langage les plus universels — sans aucun matériel, il se joue en voiture, à table ou en salle d’attente, et il a fait les beaux jours de plusieurs émissions de radio et de télévision françaises.
En bref : un meneur pose des questions à un joueur qui doit répondre sans jamais prononcer « oui » ou « non » (parfois aussi « si »). À la première faute — mot interdit ou simple hochement de tête — le joueur est éliminé ou marque une faute, selon la variante choisie.
Le principe tient en une phrase, mais les cas litigieux se règlent en partie : voici ce qui compte vraiment comme une faute, et ce qui n’en est pas une.
Interdits fermes : « oui » et « non », sous toutes leurs formes directes — « ouais », « ouip », « nan » comptent comme des fautes au même titre que la version standard.
Le cas du « si » : il n’est pas interdit dans la règle de base (qui ne bannit que oui/non). De nombreux groupes l’ajoutent volontairement pour corser la partie, notamment parce que « si » sert justement à contourner une question négative.
Les gestes comptent aussi : un hochement ou un secouement de tête qui vaut clairement pour un oui ou un non est sanctionné dans la plupart des variantes — la règle porte sur l’affirmation ou la négation, pas seulement sur le mot.
Les synonymes sont autorisés — « absolument », « en effet », « tout à fait », « exactement », « pas du tout »… — mais beaucoup de tables interdisent de réutiliser deux fois la même formule, pour empêcher de se cacher derrière un unique mot-refuge.
En cas de partie nulle : si un joueur commet une faute que personne ne relève, la partie est simplement considérée comme nulle — il n’y a pas de rattrapage a posteriori.
Élimination ou faute cumulée : selon la variante retenue, une erreur élimine le joueur sur-le-champ ou lui ajoute simplement un point de pénalité ; à vous de fixer la règle avant de commencer.
Sans aucun matériel, meneur unique, élimination immédiate à la première faute. La version la plus jouée, accessible à toute la famille.
2
Ni oui ni non ni blanc ni noir
Une variante qui interdit en plus les mots « blanc(s) » et « noir(e)(s) » — elle apparaît même dans la bande dessinée Astérix gladiateur, où les gladiateurs préfèrent y jouer plutôt que combattre.
3
En solo, contre le sablier
Un seul joueur affronte le meneur : s’il tient jusqu’à la fin du temps imparti, il gagne. Idéal pour s’entraîner seul.
4
En équipe ou en duel
Deux joueurs se piègent mutuellement, ou deux équipes s’affrontent en cumulant les fautes de leurs membres.
5
Le coffret Mégableu
Une édition en boîte propose un plateau, 6 pions, une sonnette et 110 cartes de questions réparties en deux niveaux de difficulté (histoire, géographie, musique, sport, télévision…), pour 2 à 6 joueurs à partir de 7 ans. Le jeu existe aussi en versions Nature, Autour du monde et Stars & Co, ainsi qu’en format Pocket.
Le Ni Oui Ni Non appartient au fonds commun des jeux de société oraux — sans auteur ni date de dépôt identifiés — mais il doit une bonne partie de sa popularité à la radio et à la télévision françaises. Le jeu figurait notamment dans une séquence de l’émission Les Jeux de 20 heures, diffusée sur FR3 de 1976 à 1987, l’un des jeux télévisés les plus suivis de son époque.
Sur les ondes
À la radio, le jeu a longtemps eu sa place dans les grilles d’antenne : sur RMC, l’émission sportive et complice DKP (2002-2007) proposait un face-à-face chronométré d’une minute trente contre l’animateur Alexandre Delpérier. Radio FG l’a intégré à son émission Happy Hour, et NRJ en a fait un clin d’œil maison, rebaptisé « ni Louis ni non » en référence au prénom d’un de ses animateurs.
Sous sa forme orale, le jeu s’aborde dès 4 ans avec des questions simples ; la version en boîte, qui demande de lire des cartes, est calibrée à partir de 7 ans. À tout âge, l’intérêt dépasse le simple amusement : le jeu oblige à retenir un réflexe verbal automatique — dire oui ou non — et à le remplacer par une formulation construite en une fraction de seconde. C’est un exercice d’attention et de contrôle de soi autant qu’un jeu de mots, ce qui explique sa place récurrente dans les ateliers d’expression orale à l’école, où il sert à travailler l’écoute et la prise de parole en groupe.
Peut-on utiliser des synonymes de « oui » et « non » ?
Oui : la règle classique n’interdit que ces deux mots précis (et parfois « si »). Les joueurs recourent à « absolument », « en effet », « tout à fait » ou « pas du tout ». Beaucoup de tables interdisent cependant de répéter deux fois la même formule, pour éviter de se réfugier derrière un unique mot-refuge.
Le mot « si » est-il toujours interdit ?
Non, c’est une option. La règle de base ne bannit que « oui » et « non » ; certains groupes ajoutent « si » pour corser la partie, d’autres vont jusqu’à interdire aussi « blanc » et « noir » dans la variante « ni oui ni non ni blanc ni noir ».
À partir de quel âge peut-on y jouer ?
Sous sa forme orale, sans aucun matériel, le jeu se joue dès 4 ans avec des questions simples. La version en boîte, qui demande de lire des cartes, est calibrée à partir de 7 ans.
Existe-t-il une version avec un plateau ou des cartes ?
Oui, une édition commercialisée par Mégableu propose un plateau, des pions, une sonnette et 110 cartes de questions réparties en deux niveaux de difficulté, avec des déclinaisons thématiques (Nature, Autour du monde, Stars & Co) et un format Pocket.
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La culture est mon terrain de jeu depuis une dizaine d'années : arts visuels, séries, création et tout ce qui nourrit l'imaginaire. J'écris aussi bien sur l'actualité des œuvres que sur les coulisses de la création, avec l'envie de relier l'amateur curieux à des univers parfois jugés intimidants. J'aime analyser une série ou une démarche artistique sans pédantisme, replacer une œuvre dans son contexte et donner des clés de lecture accessibles. Avant de publier, je vérifie mes références, je recoupe les sources et je distingue clairement le fait de mon interprétation subjective. Je crois qu'une critique vaut surtout par les arguments qu'elle expose, pas par la sentence qu'elle rend. Mon angle : transmettre l'envie de découvrir, de regarder autrement et de se forger son propre goût. La culture n'appartient pas qu'aux initiés, et c'est tout l'enjeu de mon écriture. Retrouvez Raphaël Delahaye sur raphaeldelahaye.fr
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