Le Sénat a adopté le 13 octobre, en première lecture, la proposition de loi sur la modernisation de la radio déposée par Laurent Lafon. Elle prévoit deux changements que les auditeurs remarqueront. Les mentions obligatoires lues à toute vitesse à la fin des publicités pourraient être allégées. Et toute voiture neuve devrait être équipée d’un autoradio capable de recevoir à la fois la FM et le DAB+. Le texte doit maintenant passer à l’Assemblée nationale.
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La fin des mentions légales lues en accéléré ? #
À la radio, on les reconnaît tout de suite : ces quelques secondes à la fin d’un spot, lues si vite qu’on ne les comprend pas, pour rappeler les conditions d’un crédit ou un message de prévention. Le texte voté par les sénateurs permettrait aux stations de ne plus lire certaines de ces mentions, en échange de campagnes ou de programmes consacrés aux mêmes sujets. L’information du public devrait rester d’un niveau équivalent, sous le contrôle de l’Arcom.
La version de départ visait une liste précise de mentions. Selon The Media Leader, la commission l’a élargie le 7 octobre par amendement aux mentions fixées par décret ou par arrêté. Celles qui viennent du droit européen ne sont pas concernées. Le débat a été vif : l’écologiste Mathilde Ollivier a regretté qu’une campagne diffusée à un autre moment de la journée laisse le message de prévention « déconnecté de la publicité elle-même ». La socialiste Sylvie Robert, elle, a jugé « bienvenu d’alléger les contraintes ».
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Pourquoi les radios y tiennent
Pour les stations, ces mentions prennent du temps d’antenne et rendent les spots moins efficaces, alors que les recettes publicitaires baissent. D’après les chiffres cités dans le même compte rendu, ces recettes ont reculé de 2,5 % en 2025. Pour l’auditeur, les messages de fin de spot devraient être plus courts, avec en contrepartie des messages de prévention diffusés à part.
FM et DAB+ obligatoires dans les voitures neuves #
Le deuxième volet porte sur le récepteur. Toute voiture particulière neuve devrait être équipée d’un autoradio compatible à la fois avec la FM et le DAB+, la radio numérique terrestre. Le Sénat a étendu cette obligation aux véhicules de transport de marchandises, pour des raisons de sécurité publique : en cas de crise, la radio reste l’un des moyens les plus sûrs de joindre les conducteurs.
La voiture est un enjeu central : selon le rapport de commission cité par The Media Leader, 35 % de l’écoute de la radio se fait en voiture. Pour le reste de l’équipement, les sénateurs ont raccourci les délais. Les récepteurs vendus aux distributeurs devraient être compatibles deux ans après la promulgation de la loi, et tous ceux vendus aux particuliers au bout de trois ans.
Où en est le DAB+ ?
Le DAB+ permet un son numérique sans souffle, l’affichage du titre en cours et l’arrivée de nouvelles stations sans fréquence FM disponible. Toujours d’après le rapport, à la fin du mois de mars, il couvrait environ les deux tiers de la population à l’intérieur des logements et 80 % en mobilité. Mais seules 35 % des personnes de 13 ans et plus ont un poste compatible, et le DAB+ ne représente que 7,8 % de l’écoute en direct. C’est cet écart entre la couverture et l’équipement des foyers que le texte veut réduire.
Le déploiement se poursuit en parallèle. L’Arcom a lancé le 22 juillet un nouvel appel aux candidatures pour les radios en DAB+, et les dossiers sont attendus jusqu’au 21 octobre. De nouvelles stations pourraient donc apparaître sur les postes numériques dans plusieurs régions au cours des prochains mois.
Les radios locales pourraient élargir leur zone #
Le troisième volet passe plus inaperçu, mais il compte pour les radios associatives et indépendantes. L’Arcom pourrait autoriser une station à modifier sa zone de diffusion après une étude d’impact, si l’intérêt du public et le pluralisme sont respectés. Elle devrait refuser lorsqu’une radio autorisée en analogique dans la même zone a un droit prioritaire. Pour une radio locale, cela peut permettre de toucher une ville voisine, ou de suivre ses auditeurs quand ils déménagent.
Et maintenant ? #
Le texte n’est pas encore une loi : il doit être examiné par l’Assemblée nationale. Laurent Lafon a demandé qu’il soit inscrit rapidement à l’ordre du jour, pour que les députés s’en saisissent avant la fin de la session. Le compte rendu de Maire-info rapporte aussi l’inquiétude de Sylvie Robert : sans meilleure stratégie, selon elle, « les territoires ruraux et montagnards risquent d’en être écartés ». Pour les auditeurs, il n’y a rien à faire pour l’instant. Si vous changez de voiture ou de poste dans les mois qui viennent, mieux vaut toutefois vérifier qu’il reçoit le DAB+.




