Antoine Ciosi est mort : la grande voix de la chanson corse s’est éteinte à 94 ans

Antoine Ciosi est mort dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 octobre 2026 à Corbara, en Balagne, à l’âge de 94 ans. Avec lui disparaît une figure majeure de la chanson corse, un artiste dont la voix avait accompagné plus de six décennies de musique et de transmission de la langue corse.

La nouvelle, annoncée ce dimanche matin par la presse insulaire, a rapidement suscité une vive émotion sur l’île. Antoine Ciosi n’était pas seulement un chanteur : son répertoire portait la mémoire corse et cet attachement très particulier à une terre que l’on quitte parfois, mais que l’on garde toujours en soi.

En bref #

  • Antoine Ciosi est décédé à 94 ans, dans la nuit du 3 au 4 octobre 2026.
  • Il s’est éteint à Corbara, en Balagne.
  • Né à Sorbo-Ocagnano le 15 décembre 1931, il avait été révélé à l’Olympia en mars 1963.
  • Son répertoire comprenait notamment « Paese spentu », « Le prisonnier » et « U tragulinu ».

Une disparition qui bouleverse la Corse #

La disparition d’Antoine Ciosi dépasse largement le cadre d’une actualité musicale. Pendant des décennies, sa voix avait accompagné des familles entières. Certains l’avaient découvert sur disque, d’autres à la radio ou sur scène. Beaucoup l’avaient entendu chez leurs parents avant de le faire écouter à leurs propres enfants.

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Corse Net Infos salue la disparition de l’une des voix les plus immédiatement reconnaissables de la chanson insulaire. France 3 Corse rappelle qu’il avait continué à se produire après ses 90 ans, une longévité rare qui résumait assez bien son rapport à la scène : tant qu’il pouvait chanter, il continuait.

Le député Paul-André Colombani a rendu hommage à l’artiste en déclarant : « Une voix immense de la Corse s’est éteinte cette nuit, à l’âge de 94 ans. » La formule correspond à la place occupée par Ciosi dans la mémoire musicale de l’île.

De Sorbo-Ocagnano à l’Olympia #

Antoine Ciosi était né le 15 décembre 1931 à Sorbo-Ocagnano, en Haute-Corse. Ses débuts artistiques l’avaient conduit à Paris, au théâtre Mogador, où il avait travaillé dans des opérettes. Cette première expérience lui avait appris le métier de la scène, la discipline des spectacles et le contact direct avec le public.

Le tournant était venu en mars 1963. À l’Olympia, lors du premier festival de la chanson corse organisé par Bruno Coquatrix, Antoine Ciosi avait interprété « Paese spentu ». Il avait remporté le premier prix. Cette récompense avait donné une visibilité nouvelle à un jeune chanteur corse et l’avait installé dans une carrière qui allait durer plus de soixante ans.

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Ses premiers enregistrements chez Barclay avaient ensuite contribué à faire circuler sa musique au-delà de l’île. Le parcours était lancé.

Une carrière bâtie sur un vaste répertoire #

Les chiffres varient selon les sources : Corse Net Infos évoque une trentaine d’albums, tandis que France 3 Corse et ICI RCFM parlent de plus de 40 albums. Cette différence ne change pas le constat : la discographie d’Antoine Ciosi était particulièrement abondante.

Antoine Ciosi chantait en corse et en français. Cette circulation entre les deux langues avait compté dans son parcours : elle lui avait permis de toucher un public bien au-delà de l’île, sans jamais renoncer à la place de la langue corse dans ses chansons — une double culture que l’on retrouve chez les grands auteurs-compositeurs de la chanson française, dont il partageait l’exigence du texte.

Les chansons à réécouter #

« Paese spentu » reste le titre fondateur : c’est avec cette chanson qu’il a conquis l’Olympia et le premier prix du festival de 1963. « Le prisonnier », paru en 1975, appartient aux titres les plus connus de son répertoire. « Spartimentu », « Chì fà » et « U tragulinu » figurent également parmi les chansons souvent associées à son nom.

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« Le prisonnier » (1975), sur la chaîne officielle Antoine Ciosi (Universal Music Group) — 86 577 vues et 1 041 mentions J’aime au 4 octobre 2026.
Chanson Repère dans le parcours
« Paese spentu » Le titre récompensé du premier prix à l’Olympia en mars 1963
« Le prisonnier » Une chanson marquante parue en 1975
« Spartimentu » Un titre représentatif de son répertoire en langue corse
« Chì fà » Une chanson régulièrement citée parmi ses classiques
« U tragulinu » Un autre repère de sa discographie

Une voix engagée dans la transmission #

Le travail d’Antoine Ciosi ne consistait pas seulement à chanter : il avait consacré sa vie à l’écriture et à la transmission d’une mémoire corse dont il était l’un des grands porteurs. Il avait contribué à faire entendre la langue corse dans des formats populaires, sur les grandes scènes et dans les foyers.

Cette dimension expliquait la fidélité de son public. On pouvait écouter ses chansons pour leur mélodie, bien sûr, mais aussi pour ce qu’elles racontaient : une famille, un village, une absence, une histoire transmise par la voix. Dans les années 2010, sa tournée « Ultimu Giru » — « dernier tour » — avait été présentée comme son dernier tour de chant, mais il était resté présent sur scène bien après.

Après 90 ans, toujours sur scène #

Antoine Ciosi était resté sur scène passé 90 ans. Ce détail pourrait sembler anecdotique ; il ne l’était pas. Dans son cas, chanter n’avait jamais ressemblé à une activité rangée dans une case biographique. La scène restait un lieu de partage, avec ses imprévus et cette relation directe au public. Peu d’artistes gardent une telle présence après six décennies de carrière : Ciosi, lui, avait continué à défendre ses chansons avec une voix reconnaissable dès les premières notes.

« Duetti », plusieurs générations réunies #

En 2020, le double album « Duetti » avait revisité 27 de ses chansons en duo avec plusieurs générations d’artistes corses : I Muvrini, Patrick Fiori, Jean-Paul Poletti, Jean-Claude Acquaviva, Jean-Charles Papi ou encore Diana Saliceti figuraient parmi les participants.

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Le projet disait beaucoup de la place d’Antoine Ciosi : ses chansons ne restaient pas enfermées dans le souvenir d’une époque. Elles pouvaient être reprises, réarrangées et confiées à d’autres voix. C’est souvent là que l’on mesure la solidité d’une œuvre.

Avec Jérôme Ciosi, une histoire de famille #

En 2023, Antoine Ciosi avait publié « Babbu è Figliolu » avec son fils Jérôme Ciosi, guitariste. Le titre, qui signifie « père et fils », résumait cette continuité familiale : la transmission ne passait plus seulement par les chansons ou la langue, elle se faisait aussi entre deux générations réunies dans un même album.

Les hommages après sa mort #

Sur ICI RCFM, le chanteur Felì a livré un hommage personnel : « Une grande tristesse ce matin, c’était tout d’abord un ami. » La phrase rappelait que derrière la figure publique se trouvait un homme inscrit dans un réseau de relations artistiques et humaines.

Diana Saliceti, qui avait participé à « Duetti », a déclaré sur la même antenne : « Je l’écoutais petite et ma vie de chanteuse a fait que j’ai eu l’honneur de chanter à ses côtés et c’était un grand, grand, grand monsieur. »

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Questions fréquentes #

Qui était Antoine Ciosi ?

Antoine Ciosi était un chanteur corse né le 15 décembre 1931 à Sorbo-Ocagnano (Haute-Corse). Après des débuts au théâtre Mogador, il avait remporté le premier prix du premier festival de la chanson corse à l’Olympia en mars 1963 avec « Paese spentu », avant d’enregistrer une discographie abondante sur plus de six décennies.

De quoi est mort Antoine Ciosi ?

Antoine Ciosi est décédé dans la nuit du 3 au 4 octobre 2026 à Corbara, en Balagne, à l’âge de 94 ans. Aucune cause de décès n’a été communiquée.

Quelles chansons d’Antoine Ciosi réécouter ?

« Paese spentu », « Le prisonnier », « Spartimentu », « Chì fà » et « U tragulinu » constituent de bons points de départ pour redécouvrir son répertoire, ainsi que le double album « Duetti » (2020), où 27 de ses chansons sont revisitées en duo avec plusieurs générations d’artistes corses.

À retenir #

Antoine Ciosi avait traversé plus de six décennies de chanson, de l’Olympia aux projets familiaux de ses dernières années. Il avait porté la langue corse sur scène et enregistré, selon les sources, d’une trentaine à plus de 40 albums, accompagnant plusieurs générations d’auditeurs.

Sa voix s’est tue à Corbara. Ses enregistrements, eux, restent disponibles pour celles et ceux qui souhaitent entendre une histoire de la Corse racontée sans détour. Commencez par « Paese spentu », puis laissez la playlist se poursuivre : c’est probablement la manière la plus juste de lui rendre hommage.

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